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Ma pauvre guitare… Délaissée dans un coin de mon bureau. Je n’y touche quasiment plus, alors qu’entre elle et moi, ce fut un temps l’amour fou ! A 15 ans, j’avais dû économiser pas mal avant de pouvoir me l’offrir. J’y passais au moins 2 heures par jour tous les soirs après le lycée. Je rendais fous mes frères à force de ressasser toujours les mêmes accords jusqu’à maîtriser les enchainements parfois difficiles. Je ne me lassais pas d’écouter la mélodie qui naissait sous mes doigts. C’était magique de sentir qu’ à force de répéter, ils semblaient capables de jouer tout seuls ! Ils connaissaient les morceaux par coeur !
J’avais même investi dans une guitare électrique et dans un énorme ampli de compét, m’amusant à singer PJ Harvey devant mon miroir. J’ai aussi fait parti du groupe de jazz de mon lycée mené par le prof de philo, c’était cool ! Bon c’est vrai, je me planquais dans le fond, assise et derrière mes cheveux, et je me cantonnais à la rythmique, hors de question que j’essaye une quelconque improvisation ! Mais j’aimais ça. A cette époque et comme pour beaucoup d’ados, la musique prenait une place vraiment très importante dans ma petite vie.
Et puis mes études sont devenues plus prenantes, et puis, après les progrès fulgurants des débuts, j’ai commencé à stagner… J’ai cessé les cours, je ne savais plus trop quoi jouer, et je suis triste de me l’avouer, ma guitare ne me manquait pas.
Alors ça me prends comme ça de temps en temps, je l’agrippe et je gratouille, étonnée de constater que les morceaux sur lesquels je m’étais acharnée 10 ans plus tôt coulent encore tout seuls de mes doigts sans même que je me rappelle quelles notes je joue. C’est comme un automatisme. Et moi qui était si fière de montrer ma main gauche aux ongles très courts et aux bouts de doigts presque plastifiés à force de corne à côté de ma main droite avec ses ongles plus longs, je dois m’arrêter après à peine 20 minutes tant les cordes d’acier me meurtrissent…
Promis, je vais tâcher de changer les cordes rouillées, d’ailleurs la corde de “la” a lâché à ma dernière tentative. Je sais que jamais plus ce ne sera la passion des débuts mais je sais aussi que j’y reviendrai toujours, de temps en temps…
Hum… On dirait que tout ça me rend lyrique… je ne sais pas ce qui m’a pris, pardon !
Boléro en boutis très fortement inspiré de la collection été 2009 Isabel Marant.